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Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /Juil /2009 07:15



Si en ces temps anciens les pauvres dormaient nus, les nantis portaient eux des chemises de nuit.
Cette pièce de toile ample et longue permettait aux plus pudibonds, hommes ou femmes,
de préserver leurs plus intimes parties des regards du conjoint.
La chemise de nuit était faite d'une toile assez rustre qui ne devait certes pas faciliter les rapports
libidineux entre les conjoints. Au cours du XVIIIè siècle les sœurs pudibondes des couvents
inventèrent la « chemise conjugale » destinée au trousseau de leurs jeunes pensionnaires prêtes à marier. Cette chemise de nuit du père la Pudeur était dotée d'une ouverture sous le nombril qui permettaient donc aux époux d'assurer une descendance sans pour autant dévoiler leurs parties les plus honteuses !
Elle fut par la suite baptisée « chemise à ouverture parisienne », « chemise de la famille chrétienne » ou encore « chemise à faire un chrétien. Anatole France précise que les trousseaux des jeunes mariées comportent « des chemises amples et longues, avec un petit pertuis qui permet aux jeunes époux de procéder chastement à l'exécution du commandement de Dieu relatif à la croissance et à la multiplication.
La fameuse ouverture était parfois agrémentée de commentaires encourageants, à moins qu'il ne
s'agisse d'un mode d'emploi pour les moins expérimentés ? On trouvait par exemple brodé autour
de ce trou du bonheur la phrase : " Dieu le veut ". D'autres modèles pouvaient être fermés
momentanément afin de signifier au mari qu'il n'était pas opportun de venir s'aventurer dans ce trou
là pendant quelques jours ! Chez l'homme, l'ouverture pouvait prendre des formes plus adaptées.
On parlait alors d'un « portail » surmonté d'un « pont-levis » avec, sur le nombril un bouton
permettant d'y fixer la pièce d'étoffe au cours de l'acte. La taille de cette ouverture était standardisée !
Soit à peu près une main, ou seize centimètres. Cela alimentait d'ailleurs les sarcasmes de certaines
épouses probablement déçues qui répétaient à qui voulait l'entendre : " il y a plus de portail que de bétail" Cette tenue de nuit bien particulière perdura bien longtemps.
On en voudra pour preuve ce témoignage d'une femme venue accoucher en 1952 à l'hôpital de Caen (Calvados) dans cette tenue.
Son mari, père de douze enfants ne l'avait jamais vu nue !
(Source : Histoire de la pudeur par Jean-Claude Bologne).
Par Chemise de nuit - Publié dans : Chemise de nuit "Spéciale"
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